Comment La Pierre Saint-Martin a lancé la saison de ski

La station barétounaise, première de cordée, a ouvert l’hiver avec déjà un certain succès.

C’est ouvert ! Du moins pour la Pierre Saint-Martin qui, en attendant ses voisins, dont Gourette le week-end prochain, a donné le top départ d’une nouvelle saison de ski. Et ce dès le premier week-end de décembre, comme l’an dernier.

Bien sûr, avec un brouillard à couper au couteau en début de journée, il ne faisait pas très chaud, samedi, dans la station de la vallée du Barétous. Entre -3 et -6 degrés pour être précis. Ce qui n’a pas empêché plus de 700 personnes de tenter les premières descentes.

Mais, en fait, l’essentiel était ailleurs, surtout après plusieurs jours de suspense au terme desquels 35 à 80 centimètres « d’or blanc » se sont finalement accumulés sur les pentes.

Du coup, près de 80 % du domaine skiable – qui culmine, rappelons-le, à plus de 2100 mètres – a pu être préparé dans des conditions acceptables.

Cela englobe entre autres le secteur de l’Arlas, l’incontournable boulevard des Pyrénées, ou encore l’essentiel de l’espace « Découverte » mais aussi le prometteur site nordique (11 000 passages l’hiver dernier).

De quoi évidemment combler d’aise, à l’orée de sa 14e saison, le directeur des lieux, Dominique Rousseu, heureux comme un enfant au pied du sapin de Noël quand un soleil éclatant s’est levé sur la station, dimanche matin.

Les Espagnols déjà là

La Pierre Saint-Martin, où plus de 150 000 personnes (« notre meilleure année depuis 2011 » selon Rousseu) se sont adonnées aux plaisirs de la glisse la saison passée, s’est également positionné pour les jours suivants en endossant le statut de premier de cordée.

En effet, et dès cette semaine, la station espère notamment retrouver son importante clientèle espagnole qui empruntera le col rouvert pour venir célébrer en Barétous l’importante fête de l’Immaculada, synonyme de vacances de l’autre côté des Pyrénées. Elle a lieu cette année jeudi 8 décembre.

Sans oublier « la Saint-Nicolas, dès ce mardi (6 décembre), ce qui devrait nous faire une bonne semaine », se félicite déjà le patron du site qui, comme nous, a ouvert ses oreilles hier matin.

Devant les caisses où la file d’attente s’allongeait déjà, difficile de ne pas constater que la langue de Cervantes était, de loin, la plus utilisée. Notamment par Javier, venu de Pampelune avec des amis : « Pour nous, c’est parfait ici et moins cher qu’en Espagne. On a mis une heure et demie pour faire le trajet et trouver ce soleil à l’arrivée ! »

Ravi, le groupe de jeunes Navarrais ne s’est, sûrement, même pas rendu compte que le télésiège du Family est monté (à peine) un peu moins vite, pour cause de sobriété énergétique.

Le plan, demandé à toutes les stations, passera aussi ici par des opérations de damage « moins systématiques et des formations à l’éco-conduite des dameuses pour économiser 10 000 litres de gasoil » espère le directeur, l’arrêt des canons à neige sur la tranche 18h – 20h, ou encore une gestion centralisée du chauffage.

Du travail de dentelle en cet hiver de crise.

Où l’on reparle de ski… et de pouvoir d’achat

Voilà le retour de la saison du grand blanc. C’est du moins ce qu’espèrent, en Béarn tous les professionnels de la montagne. En Barétous, la Pierre-Saint-Martin a donc lancé le bal. Cauterets, Piau-Engaly, Luz, Saint-Lary, etc… en ont fait de même. Gourette, tout comme Peyragudes et Grand Tourmalet chez nos voisins, devraient suivre le week-end prochain, avant Artouste le 17 décembre. Jusque-là, tout va bien, pour peu que les précipitations soient au rendez-vous. Pour autant, l’hiver qui s’annonce sera pour le moins singulier, dans un contexte de crise plombé par de multiples interrogations. Ainsi, la question du pouvoir d’achat est, on le sait, devenue centrale, et les acteurs de la planète ski ne l’ignorent pas. L’augmentation annuelle des forfaits reste d’ailleurs relativement contenue (0 à 5 %), et les solutions avancées par le réseau N’Py, pour ne pas trop taper au portefeuille, sont concrètes, via de nombreuses offres spécifiques. Le prix de départ affiché par les 3 sites béarnais couvre une gamme allant de 19€ à 39€. Pour les plus « accros », on retiendra par ailleurs, histoire de varier les plaisirs, ce forfait désormais unique et valable sur pas moins de 14 domaines skiables des Pyrénées. De quoi se faire plaisir… et oublier (un peu) la crise.