Les trois médecins généralistes d’Arette doivent partir à la retraite en 2028. Les acteurs locaux s’activent pour leur trouver des remplaçants : un projet de maison de santé est en réflexion avec le concours d’Office santé.
« 2028, c’est demain ». Aujourd’hui retraité, Jean-Pierre Jaureguiberry a été médecin durant 33 ans en Barétous. Cet ancien professionnel de santé vient d’envoyer un courrier aux élus du territoire pour leur faire part de ses inquiétudes, alors que les trois généralistes d’Arette doivent partir à la retraite d’ici deux années.
« Ces derniers assurent l’offre de soins et sa permanence sur un large territoire », explique le Béarnais. C’est le cas pour toute la vallée de Barétous, mais également une partie de la vallée d’Aspe et de la Haute Soule.
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Or, pour Jean-Pierre Jaureguiberry, « la probabilité que demain il n’y ait plus aucun médecin sur ce territoire est très forte ». Il précise que ses collègues « se sont investis pour former des jeunes médecins à travers la maîtrise de stage ». Malgré tout, « aucun n’a exprimé le désir de s’installer à Arette ».
Une patientèle de 4 000 habitants
« Les trois médecins d’Arette couvrent un large territoire, qui représente environ 4 000 habitants. L’échéance de leur départ à l’horizon 2028 suscite de l’inquiétude depuis plusieurs années chez les élus du Barétous et au-delà », indique le maire Pierre Casabonne.
Une maison de santé en réflexion
Après avoir pris attache avec un bureau d’études dans le but de trouver une solution à cette problématique, la commune a décidé de se rapprocher d’Office santé, un organisme affilié au Crédit Agricole qui se dédie à la création de structures de soins dans toute la France. Un projet de maison de santé est en cours d’élaboration à Arette, via l’acquisition puis l’extension de l’actuel cabinet médical.
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« Étant propriétaire, Office santé se préoccupera au plus haut point de remplir les locaux », précise Pierre Casabonne. « Cela représente un atout indéniable pour la mairie, qui n’aura pas à se soucier du remboursement de l’emprunt. L’autre avantage, c’est que cette société dispose d’un réseau qui lui permet d’être plutôt optimiste en ce qui concerne le remplissage des cabinets ».
Quelle forme pour le projet ?
Jean-Pierre Jaureguiberry informe dans son courrier qu’il n’est pas favorable à ce projet privé. « Les coûts annoncés sont élevés. Il faudra que les futurs médecins s’engagent sur une période relativement longue, avec des baux professionnels de 6 ans minimum ». Il se positionne en faveur d’une infrastructure publique qui, selon lui, garantirait « l’accès aux soins pour tous, sans aucune notion de rentabilité », assurerait « plus facilement le maintien de l’activité » et permettrait « de mobiliser les financements publics ». Il cite pour exemple la région voisine d’Occitanie, qui a créé un groupement d’intérêt public associant les collectivités.
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« Nous ne sommes pas en Occitanie, mais en Nouvelle-Aquitaine. Le maire d’Arette n’a pas la capacité de préconiser la politique de santé de notre région », réagit Pierre Casabonne. « La commune n’a pas de compétence liée à la santé. Cela fait partie des prérogatives de l’intercommunalité ». Sur le coût des loyers, l’élu précise par ailleurs qu’« aucun chiffre n’a été avancé ».
Modernisation des locaux en vue
« Si le rachat du cabinet médical se concrétise, cela ira certainement de pair avec des travaux de modernisation », détaille le maire. « Des souhaits de création d’une salle supplémentaire ont été exprimés pour l’organisation de réunions, car d’autres professionnels de santé vont peut-être vouloir rejoindre ce projet. La commune d’Arette, qui est propriétaire d’un terrain à côté, s’engage à le laisser pour l’euro symbolique. La communauté de communes, le Département et la Région seront mobilisés pour financer ces travaux. Les collectivités peuvent intervenir dans le cadre d’investissements, mais en aucun cas pour un rachat ».
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D’après l’étude diligentée par la mairie, la maison de santé pourrait se concrétiser à l’horizon 2028… « Si on ne perd pas de temps », ajoute Pierre Casabonne. Les élus espèrent en outre que l’arrivée de jeunes professionnels de santé permettra de faire bénéficier de nouvelles ressources à la station de ski de La Pierre Saint-Martin, qui n’est pas parvenue à trouver de médecin pour cette saison hivernale, et ce, pour la deuxième année consécutive.