Les vacances de Noël ont été radieuses dans les stations de ski béarnaises. La Pierre Saint-Martin en est l’illustration. Reportage.
« Bonne année ». À la station de la Pierre Saint-Martin, la formule est autant un vœu qu’un constat. Si l’année est encore longue, le premier jour est de bon augure. Il est des signes qui ne trompent pas. À 10h, par exemple, il n’y avait plus une place disponible sur les parkings les plus proches de la billetterie. Et à midi, la vaste zone à l’entrée de la station commençait à furieusement se remplir. Dans les couloirs de la station, même affluence prometteuse devant plusieurs magasins comme cette jolie petite file de futurs clients pour le magasin de location Loca Ski. Le taux de remplissage des hébergements de la station est tout autant de bon aloi. « 95 % sur la période du 27 décembre au 3 janvier », savoure Marie Pacheco, directrice de l’Office de Tourisme des Pyrénées Béarnaises.
Et pour les vacances de février, la tendance est aussi prometteuse : déjà 80 % du 7 au 14 et 90 % du 14 au 21. Les animations proposées par la station ont aussi trouvé leur clientèle : trente réservations ce 1er janvier pour l’opération « Boulevard by night », un voyage à la nuit tombante jusqu’au sommet du télésiège Le Panoramique avant une descente du boulevard des Pyrénées aux lueurs de la lune mais avec l’appui d’une lampe frontale prêtée pour l’occasion.

Un air de réussite
À La Pierre Saint-Martin, l’année a bien commencé sauf pour les propriétaires de quatre véhicules garés en dépit des panneaux d’interdiction dans le virage jouxtant le parking réservé au bus assurant la liaison avec la station depuis Oloron. Les deux chauffeurs de permanence, dans la souffrance pour sortir leurs véhicules ont fait appel aux forces de l’ordre.
Surtout elle a commencé sur le même tempo que s’était achevé 2025 pour donner à ces vacances un air de réussite. « Une affluence dans la moyenne haute des dix dernières années », analyse Jean-François Motes, directeur du site.

Certes, les grands chiffres de l’an passé ne sont pas dépassés : depuis l’ouverture le 6 décembre 2025 jusqu’au 31 décembre 2025, 31 251 journées ski ont été comptabilisées. Sur les dernières vacances de Noël (14 décembre 2024 au 5 janvier 2025), ce sont 40 311 journées ski qui avaient été enregistrées. « Il reste encore 4 jours », sourit Jean-François Motes.
Mais un record est déjà tombé : 4848 forfaits vendus le 29 décembre, c’était au-dessus du record de la saison dernière (4780). Et pas si loin du record absolu daté du 12 janvier 2024 avec 5200 journées ski.
Dans son bureau, Jean-François Motes connaît son affaire sur le bout des doigts. « L’an passé 5 jours d’affilée à 4000, cette année, trois ». Rien d’irrationnel. « Au niveau de l’enneigement, c’est un peu moins bien », souligne-t-il. Le travail de ses équipes a permis de compenser : le domaine est presque ouvert à 100 %, il ne manque qu’une piste rouge au tableau, « Face nord », faute de neige suffisante. Un sujet sensible car pour que ça marche, Artouste n’échappe pas à la sainte trinité : du beau temps, de la neige naturelle et que la route d’Espagne soit ouverte. La dernière des six webcams installées par la station a d’ailleurs été posée en bord de route au col de la Pierre Saint-Martin. « Pour que les Espagnols puissent voir que la route a été déneigée », pose Jean-François Motes.
Un hiver très ibère
L’attractivité se mesure. La dernière fois que Jean-François Motes et le maire d’Arette, Pierre Casabonne se sont amusés à compter les camping-cars sur le parking, 129 des 140 véhiculés garés étaient immatriculés en Espagne…
Ça donne une tendance mais ne reflète pas tout à fait la réalité de la clientèle. On est plutôt sur 35 % de visiteurs en provenance de l’autre versant des Pyrénées. « Ça va crescendo », éclaire Motes. La communication n’est pas étrangère au phénomène. « Nous avons fait une campagne publicitaire à la radio en Navarre et Aragon », souligne Marie Pacheco. Mais les tarifs probablement non plus. Pour skier sur les domaines de stations comparables, de l’autre côté du tunnel du Somport, Candanchú et Astun, il faut débourser 30 euros de plus…

À l’ESF de la Pierre Saint-Martin, on est prêt à assumer cette attractivité : sur les 21 moniteurs sur le pont, ils sont quasiment tous bilingues en Espagnol et pour l’un d’entre eux en Basque. Sandrine Velut, directrice nouvellement nommée, a d’autres chantiers que celui-là, à relever.
Comme un plan de développement des cours collectifs, qui font moins le plein que les cours particuliers. « Ils sont plus difficiles à vendre », glisse Sandrine Velut qui envisage une diminution du nombre d’élèves dans les groupes. Au rang des espoirs, il y a aussi l’ambition de continuer à fidéliser, même après le passage de la 3eétoile.
La dynamique donne envie de pousser les curseurs encore plus loin. Mais en attendant, elle peut apprécier ses beaux débuts dans la fonction : « De la neige, du monde, je suis gâtée pour commencer. »
Un 1er janvier de ski
Même pas de temps mort en ce premier janvier. La mode prend de l’ampleur : 36 passages en 2023 année de fermeture, 998 en 2024, 2400 forfaits l’an passé et 2543 pour ouvrir 2026. Sur les pistes, des Béarnais, des Landais, des Basques, des Espagnols, des Bretons, une famille du Maine-et-Loire ayant troqué la douceur angevine pour la fraîcheur de la Pierre Saint-Martin, sans l’ombre d’un regret. « On ne connaissait pas, on s’est dit pourquoi pas. Et c’est super », témoigne le papa.

Le feu d’artifice de 14 minutes tiré le 31 décembre – une première depuis 2022 – n’était pas le climax : la fête devrait durer jusqu’au 6 janvier et la fête des Rois mages, tradition espagnole majeure. Pierre Casabonne, le maire d’Arette en a bien conscience. Venu de bon matin présenter ses vœux à tous ceux qui font vivre la station, il s’est lancé le défi de mener un casting pour trouver trois figurants pour les rois mages. En parallèle, il va préparer la venue du Pau FC la semaine prochaine pour la désormais traditionnelle petite oxygénation… « Jusqu’ici, ça leur réussit bien », sourit-il.
À La Pierre Saint-Martin, on skie avec vue. Et on peut voir loin.